Le terme arthrite (du
grec arthron : articulation) désigne plus d’une
centaine d’affections qui se caractérisent par de
l’inflammation à une ou plusieurs articulations, et dont les
causes sont diverses. Il peut s’agir d’une affection aiguë
ou chronique. L'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde sont
les formes les plus communes d'arthrite.
Autrefois, on employait
plutôt le mot rhumatismes (du latin rheumatismus,
pour « écoulement d’humeurs ») pour désigner toutes ces
affections qui s’accompagnent de douleurs aux articulations
ou aux tissus avoisinants. Ce terme est maintenant jugé
désuet par la Société d’arthrite du Canada.
La douleur,
l'enflure, et parfois la rougeur et la
chaleur aux articulations sont typiques de ces
affections.
L'inflammation peut
apparaître à la suite de chocs, de maladies, d'infections ou
par simple usure naturelle, mais peut aussi être la
conséquence d'une maladie auto-immune par laquelle le corps
attaque ses propres tissus. Parfois, les articulations
enflent sans raison apparente.
Formes
d'arthrite
Les deux formes
les plus communes :
- L'arthrose.
Aussi nommée ostéoarthrite,
l'arthrose est la plus
fréquente des arthrites; on dit qu'elle se forme « à
l'usure ». L'apparition de petites excroissances
osseuses la caractérise. Elle affecte surtout les
articulations qui supportent une grande partie du poids
corporel, comme celles des hanches et des genoux.
L'arthrose est causée par un excès de poids ou
l'utilisation répétée d'une articulation (par une
occupation professionnelle ou un sport). Elle apparaît
habituellement vers la quarantaine.
- La
polyarthrite rhumatoïde. La
polyarthrite rhumatoïde
provoque de l’inflammation dans tout le corps, ce qui la
distingue de l'arthrose. Les articulations des mains,
des poignets et des pieds sont souvent les premières
touchées et deviennent difformes. Curieusement, ce type
d'arthrite se manifeste dès le début de l'âge adulte.
Bien que les scientifiques n'aient pas encore découvert
sa cause, elle semble être d'origine auto-immune et
influencée par le bagage génétique et les habitudes de
vie, en particulier l'alimentation.
Autres formes
courantes d’arthrite :
- l'arthrite
infectieuse : elle peut survenir lorsqu'une
infection atteint directement une articulation et
engendre de l'inflammation;
- l'arthrite
réactive : cette forme d'arthrite apparaît aussi à
la suite d'une infection, mais celle-ci se produit
ailleurs dans le corps;
- l'arthrite
juvénile : une forme rare de polyarthrite rhumatoïde
qui survient chez les enfants et les adolescents, et
s'atténue souvent avec l'âge;
-
l'arthrite psoriasique : une forme d'arthrite qui
s'accompagne de lésions de la peau typiques
du
psoriasis;
- la bursite :
une inflammation douloureuse des zones d'amortissement
des articulations (les bourses séreuses) souvent causée
par des pressions ou des frottements;
- la
goutte et la pseudogoutte : le dépôt de cristaux
dans les articulations, sous forme d'acide urique en cas
de goutte ou de phosphate de calcium en cas de
pseudogoutte, engendre inflammation et douleur;
- le lupus :
il est considéré comme une forme d'arthrite puisqu'il
s'agit d'une maladie inflammatoire chronique des tissus
conjonctifs;
- la
polymyosite : une maladie rare qui cause de
l'inflammation dans les muscles, qui perdent alors de
leur force;
- la
sclérodermie : une maladie auto-immune chronique
caractérisée par un durcissement de la peau, qui peut
toucher les articulations et causer les symptômes
typiques de l'arthrite;
- la
spondylarthrite ankylosante : une inflammation
chronique des articulations des vertèbres du dos qui se
développe progressivement et entraîne une raideur et une
douleur au dos, au torse et aux hanches;
- le syndrome
de Sjögren : une maladie auto-immune grave qui cause
une inflammation chronique des tissus conjonctifs et
s'accompagne souvent de polyarthrite rhumatoïde, de
lupus, de sclérodermie et de polymyosite;
- la
tendinite : une inflammation d'un tendon souvent
provoquée par un traumatisme (étirement brusque, choc
direct, défaut technique chez un sportif) qui cause des
douleurs aux articulations.
D'autres
maladies sont en lien avec différentes formes d'arthrite et
se développent parfois en association avec elles, comme la
fasciite plantaire, la
fibromyalgie,
la maladie de Lyme, la maladie osseuse de Paget, la maladie
de Raynaud et le
syndrome du canal carpien.
La plupart des
maladies arthritiques sont chroniques. Certaines vont
entraîner la détérioration de structures articulaires. En
effet, la raideur diminue la mobilité de l'articulation et
les muscles qui l'entourent s'atrophient, ce qui accélère la
progression de la maladie. Avec le temps, le cartilage
s'effrite, l'os s'use et l'articulation peut se déformer.
Mais toutes les formes d’arthrite ne sont pas destructrices.
Symptômes
Les différentes
formes d'arthrite ont leurs propres symptômes et leur propre
évolution qui varient considérablement selon les individus.
Notons tout de même
que l'enflure, la raideur, la douleur et la rougeur à une ou
des articulations sont communes à tous les types d'arthrite.
Généralement, la douleur et la raideur sont plus grandes le
matin ou seulement certains jours.
Prévention
Actuellement, il
serait illusoire d'espérer prévenir l’apparition de
l'arthrite. Néanmoins, plusieurs personnes arthritiques sont
parvenues à diminuer leurs souffrances en modifiant leurs
habitudes de vie ou en ayant recours à divers praticiens de
la santé (physiothérapeutes, ergothérapeutes,
massothérapeutes, etc.).
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La douleur arthritique
Qu'elle se
manifeste de manière aiguë ou chronique, la douleur
s'avère une dure réalité pour les personnes
arthritiques : elles doivent d'abord apprendre à
l'accepter pour ensuite tenter de la contrôler le
mieux possible. Son intensité varie en fonction de
l'alternance des poussées d'arthrite et des
rémissions, et peut affecter gravement la qualité de
vie (jusqu'à exiger des arrêts de travail et des
limitations dans les activités).
On ne
comprend pas encore tous les mécanismes biologiques
impliqués dans la genèse de la douleur arthritique.
Tout de même, il semble que l'appauvrissement des
tissus en oxygène joue un rôle de premier plan. Ce
manque d'oxygène est lui-même causé par
l'inflammation dans les articulations et les
tensions dans les muscles. C'est pourquoi tous les
moyens qui aident à détendre les muscles ou qui
favorisent la circulation sanguine dans les
articulations soulagent la douleur. Par ailleurs, la
fatigue, l'anxiété, le stress et la dépression
affectent négativement la perception de la douleur.
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Voici divers moyens
d'atténuer la douleur et la raideur, du moins
temporairement.
Le repos, la
relaxation et le sommeil
La première arme
contre la douleur arthritique serait le repos, surtout pour
les personnes chez qui le stress, l'anxiété et la fatigue
nerveuse sont très présents. Des exercices respiratoires,
des techniques mentales de relaxation et la méditation sont
autant de manières d'aider l'organisme à atteindre la
détente. (Pour plus d’information à ce sujet, consulter
notre dossier Le stress et l’anxiété). Par ailleurs, les
National Institutes of Health des États-Unis recommandent de
profiter de nuits de sommeil d'une durée d'au moins huit à
dix heures pour aider à minimiser les douleurs2.
L'exercice :
essentiel
Selon les National
Institutes of Health, les personnes arthritiques doivent
faire de l'exercice afin de préserver la mobilité des
articulations et de maintenir la masse musculaire3.
L'exercice a aussi un effet analgésique puisqu'il entraîne
la libération d'endorphines dans l'organisme. Toutefois, il
est important de viser l'équilibre entre les périodes de
repos et d'activité, en « écoutant » son corps. La fatigue
et la douleur sont de bons indicateurs. Lorsqu'ils se
manifestent, mieux vaut prendre le temps de relaxer. Par
contre, trop de repos peut causer une raideur aux
articulations et aux muscles. L'objectif à atteindre est
donc un certain équilibre entre les périodes d'activité et
de détente, lequel sera propre à chacun.
Plusieurs exercices
sont possibles, on doit choisir ceux qui nous conviennent,
en y allant de manière progressive. Au besoin, on peut avoir
recours à la supervision d'un ergothérapeute ou d'un
physiothérapeute. Les mouvements doivent être réguliers,
souples et lents. Pratiqués en eau chaude, les exercices
entraînent moins de stress sur les jointures. Il est suggéré
de combiner différents types d'exercices pour profiter des
avantages de chacun :
- les
exercices d'amplitude des mouvements (les
étirements, la danse) aident à maintenir la motricité et
la flexibilité des articulations, tout en diminuant les
raideurs;
- les
exercices de musculation servent à conserver ou
développer la musculature, nécessaire pour supporter les
articulations affectées par la maladie;
- les
exercices d'endurance (la marche, la bicyclette, la
natation) améliorent la condition cardiovasculaire,
augmentent le bien-être et permettent le contrôle du
poids. L’excès de poids pèse sur les articulations et
les rend plus douloureuses.
La Société
d'arthrite du Canada, un organisme sans but lucratif voué au
mieux-être des personnes atteintes d'arthrite, propose
divers exercices (voir la section Sites d’intérêt),
notamment le tai-chi et l'antigymnastique.
N.B.
Attention aux excès. Si une douleur persiste plus d'une
heure après l'exercice, mieux vaut en parler à son
physiothérapeute et réduire l'intensité des efforts. Aussi,
une fatigue inhabituelle, une enflure aux articulations ou
une perte de flexibilité sont des signes que les exercices
ne conviennent pas et doivent être modifiés.