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Doigt à ressaut ( ou à ressort)
Description générale
Le syndrome du canal carpien (SCC) est très fréquent. Sa
cause est anatomique. Le canal carpien est une gouttière osseuse formée par les
petits os de la main près du poignet. Cette gouttière étroite n'est pas
extensible. Elle est fermée par un ligament solide, le ligament annulaire du
carpe. Elle contient de nombreux tendons, des vaisseaux sanguins, et un gros
nerf, le nerf médian, qui assure la sensibilité et la force des 3 premiers
doigts.
Pour différentes raisons, l'espace peut devenir cher dans ce canal: les tendons
sont durs et ne se laissent pas comprimer facilement; les vaisseaux battent et
font leur chemin; le nerf, volumineux et mou, est sans défense... à part qu'il
vous avertit rapidement de son inconfort: des fourmillements douloureux parfois
très pénibles apparaissent dans le territoire cutané du nerf (les 3 premiers
doigts).
Les douleurs sont habituellement plus fortes la nuit, sans doute parce que
lorsque l'on s'allonge, l'eau des tissus stockée par la pesanteur dans le bas du
corps retourne dans les membres supérieurs, rendant les tissus plus volumineux
et décompensant les conflits canalaires. C'est aussi l'explication de la
fréquence du SCC pendant la grossesse, période d'œdème tissulaire.![]()
Il existe de nombreux tendons au poignet et à la main.
Ceux du bord du poignet côté pouce sont particulièrement exposés à une
inflammation car ils coulissent contre l'extrémité du radius, très proéminente
chez certaines personnes. C'est la "tendinite de De Quervain", classique chez
les jeunes parents et grands-parents qui s'investissent brutalement dans la
manipulation de poupon gigoteur. Les autres tendinites, des tendons du dos de la
main ou de la paume, peuvent être secondaires à un surmenage, mais peuvent aussi
survenir dans le cadre d'un rhumatisme inflammatoire plus général: si vous avez
d'autres douleurs articulaires, si vous avez des antécédents familiaux, un bilan
s'impose.
La tendinite se reconnaît par un gonflement allongé le long du tendon, qui est
douloureux si l'on contrarie son mouvement. C'est plus difficile quand plusieurs
tendons sont enflammés ou que l'oedème est important: toute la main est enflée.
Le traitement local (pansements alcoolisés, gels anti-inflammatoires,
physiothérapie chez un kinésithérapeute) et un repos relatif de la main peuvent
suffire. Mais l'amélioration est souvent lente. L'infiltration est facile et
souvent spectaculaire, effaçant toute gêne en l'espace d'une semaine. Dans de
rares cas de tendinite traînante ou récidivante, un nettoyage chirurgical peut
s'avérer nécessaire, avec libération du trajet du tendon.![]()
Contrairement au poignet, la base du pouce ne s'enraidit
pas facilement quand elle est usée: les mouvements quotidiens de la main
"dérouillent" trop bien cette articulation. C'est une arthrose fréquente car le
pouce travaille en opposition avec les autres doigts (beaucoup de contraintes)
et sa base est mobile dans toutes les directions, ce qui favorise les phénomènes
d'instabilité, les petites entorses et finalement une usure précoce du
cartilage.
Les douleurs fortes et continues correspondent à une crise d'arthrose: les
débris cartilagineux irritent et enflamment les enveloppes articulaires,
particulièrement sensibles à la main. L'infiltration est une solution efficace
mais est assez délicate: souvent douloureuse pendant et après la piqûre, pas
toujours facile à réussir (produit bien envoyé dans l'articulation). Mais quand
elle marche, les douleurs disparaissent souvent complètement et durablement
(plusieurs mois à un an), surtout si le traitement est complété par une orthèse
nocturne.
Si les douleurs sont plus modestes et surtout liées aux mouvements du pouce,
l'orthèse est le traitement de choix: moulage en plastique qui englobe votre
poignet, elle enraidit électivement la base du pouce. Les doigts restent assez
libres, permettant la plupart des activités quotidiennes. Facilement amovible,
on peut l'ôter pour les gestes de précision. On distingue l'orthèse
d'immobilisation nocturne et l'orthèse de fonction.
L'orthèse d'immobilisation est plus efficace. Pour un soulagement rapide, elle
sera de préférence utilisée aussi dans la journée. Mais elle limite davantage
l'aisance manuelle en étant plus grande et en positionnant le pouce dans le même
plan que les autres doigts. C'est pourquoi on a créé des orthèses de fonction
pour la journée, plus petites et avec le pouce en face des autres doigts.![]()
L'arthrose du poignet est rare. C'est une arthrose
secondaire, la plupart du temps, à un traumatisme ancien, ou des
microtraumatismes répétés (usage professionnel d'engins vibrants, usage répété
de la main pour frapper). Elle est plutôt bien supportée car le poignet a
tendance à s'enraidir tout seul, ce qui limite les phénomènes douloureux. Quand
l'arthrose est installée, les crises sont d'ailleurs généralement déclenchées
par un dérouillage forcé du poignet: une activité manuelle inhabituelle ou trop
prolongée débloque l'articulation, lui redonne une souplesse indésirable
puisqu'elle est toujours détériorée et incapable d'encaisser beaucoup de
mouvements.
La raideur du poignet n'est pas trop gênante. On prend très rarement le risque
d'aller opérer cette arthrose.
En cas de crise douloureuse, une infiltration est très efficace (à condition que
le produit soit bien parti dans l'articulation). Dans les rares cas de douleurs
chroniques très pénibles, on peut aider l'articulation à s'enraidir avec une
orthèse d'immobilisation.![]()