L’arthrose
est une maladie due à une usure précoce du cartilage. Elle peut toucher toutes
les articulations, mais elle se manifeste plus fréquemment au niveau de
certaines articulations: genoux, hanches, doigts (articulations métacarpo-phalangiennes
du pouce, articulations inter phalangiennes proximales et distales) ainsi que les
métarso-phalangiennes du gros orteil. D'autres articulations, comme celles de
l'épaule, du coude et de la cheville, sont moins souvent atteintes. La colonne
vertébrale, qui peut également être touchée par l'arthrose, présente une
situation particulière dans la mesure où un grand nombre d'articulations, de
muscles, de ligaments et de nerfs se mobilisent les uns par rapport aux autres.
Nous n'en traiterons pas dans cette brochure. L’arthrose est une maladie
chronique qui évolue lentement. Très souvent, le cartilage a déjà subi une
dégradation avant que les douleurs n'apparaissent. Des signes d'arthrose peuvent
être visibles sur des radiographies sans que le patient ne ressente des
douleurs.
L’arthrose touche plus souvent les femmes que les
hommes. A un âge plus avancé, la maladie se manifeste presque aussi souvent chez
les hommes que chez les femmes.
Le risque d'avoir une arthrose augmente avec l'âge -
vraisemblablement parce que le cartilage se régénère moins bien chez les
personnes âgées. Dans le langage populaire, l'arthrose associe âge et usure,
comme si la personne atteinte de cette maladie était «usée». Cela ne correspond
toutefois pas à la réalité.
Quels sont les mécanismes d'une arthrose?
Pour répondre à cette question, il faut tout d'abord
comprendre le fonctionnement d'une articulation saine.
Anatomie d'une articulation
Une articulation est composée d'extrémités osseuses qui
se mobilisent l'une par rapport à l'autre. Ces extrémités sont recouvertes de
cartilage qui les enveloppe comme une coquille. Ce cartilage a un effet
amortissant et permet aux extrémités osseuses d'effectuer des mouvements souples
entre elles. Les extrémités osseuses sont tenues les unes aux autres par une
capsule et des ligaments de l'articulation. La face interne de la capsule
articulaire est recouverte d'une épaisseur de muqueuse appelée synoviale. Cette
dernière fabrique un liquide articulaire qui lubrifie l'articulation. Les
ligaments assurent la stabilité des articulations.

Mécanismes du processus arthrosique
En cas d'arthrose, la cartilage s'abîme pour différentes
raisons. Il perd en qualité, sa surface devient rugueuse, et il y a un risque de
fissures. Le cartilage abîmé ne se régénère pas. Avec le temps, il peut
totalement disparaître. Le cartilage diminuant peu à peu, l'espace articulaire
se réduit, et l'articulation n'amortit plus que modérément les chocs provoqués
par le mouvement, exactement comme pour une voiture dont les amortisseurs
seraient abîmés. Les extrémités osseuses deviennent alors moins lisses et moins
souples. Le poids subi par l'os situé sous le cartilage se modifie; une force
plus importante est exercée sur lui. L'os tend à amortir cette charge plus
importante et il devient ainsi plus épais. Des proliférations osseuses
(ostéophytes) peuvent se développer et des kystes se former au niveau de l'os
adjacent.
Les modifications articulaires - la diminution du
cartilage et l'élargissement des extrémités osseuses - peuvent entraîner une
modification de la position de l'articulation (par exemple une arthrose du genou
peut entraîner des genoux cagneux) ainsi que des déformations. L’arthrose est
désignée en latin par «arthrosis deformans», ce qui signifie «déformation des
articulations». Les dégâts sont irréversibles. En d'autres termes, le cartilage
ou l'os dont la forme a subi une modification ne peut retrouver son état
initial.
A un stade évolué, l'os peut également adopter une
position inappropriée. Les tendons et les muscles responsables de la
mobilisation de l'articulation sont soumis à des sollicitations inhabituelles.
Il en résulte souvent une surcharge avec des douleurs, des raideurs et une
mobilité diminuée.
En plus des modifications mentionnées, des inflammations
peuvent apparaître. Celles-ci sont causées par des fragments qui se sont séparés
du cartilage et qui se mobilisent dans l'espace articulaire. La fine couche de
cellules muqueuses (synoviale) élimine ces fragments et l'articulation peut
alors s'enflammer et fabriquer du liquide articulaire en excès, causant un
gonflement de l'articulation.
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